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Xavier Driencourt, ambassadeur de France : « Bernard Bajolet s’exprime à titre personnel »

Xavier Driencourt, ambassadeur de France : « Bernard Bajolet s’exprime à titre personnel »

Xavier Driencourt, ambassadeur de France à Alger, a réagi, ce lundi 24 septembre 2018, aux récents propos de son prédécesseur Bernard Bajolet.

« Bernard Bajolet a fait des déclarations. Alors je répondrai, pour reprendre la formule du président Mitterrand en 1985 avec son Premier ministre : « Lui c’est lui, moi c’est moi ». C’est-à-dire que Bernard Bajolet, c’est Bernard Bajolet, il s’exprime à titre personnel, à titre privé. Il n’engage en aucun cas, je dis bien en aucun cas, le gouvernement, le président et l’administration française. Il s’exprime en son nom personnel », a déclaré M. Driencourt à la presse, en marge d’une activité à l’APN.

Bernard Bajolet, dans une interview vendredi au journal français Le Figaro, a déclaré que le président Abdelaziz Bouteflika était maintenu « artificiellement en vie ».

Xavier Driencourt a rappelé que Bernard Bajolet a occupé, « il y a plus de dix ans », le poste d’ambassadeur de France en Algérie. « Bernard Bajolet a occupé, il y a plus de dix ans les fonctions qui sont les miennes aujourd’hui, il sait combien que ces fonctions sont importantes, délicates et compliquées. Le rôle d’un ambassadeur français à Alger, ce n’est pas de remettre de l’huile sur le feu, fût-ce de l’huile d’olive ! C’est au contraire de rapprocher, de raccommoder quand il le faut, de faire de la dentelle. Et quand on fait de la dentelle parfois on se pique avec une épingle. Il faut éviter de se piquer avec une épingle, il faut éviter les piqûres d’épingles et je pense que nous sommes là, pas seulement moi, mais les parlementaires et moi, nous sommes là pour éviter les piqûres ». , a ajouté Xavier Driencourt.

Il s’agit de la première réaction officielle française aux propos de Bernard Bajolet qui ont soulevé une polémique en Algérie et beaucoup d’interrogations.

Bernard Bajolet, ancien patron de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) a publié cette semaine à Paris ses mémoires dans un livre intitulé, « Le soleil ne se lève plus à l’Est, mémoires d’Orient d’un ambassadeur peu diplomate » où il est revenu notamment sur son passage en Algérie dans les années 1970 et entre 2006 et 2008. Il a critiqué la politique économique du gouvernement, a évoqué la corruption, a parlé de blocages liés à l’Histoire entre l’Algérie et la France et a réclamé l’ouverture des archives du FLN.

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« La nomenclature algérienne, issue ou héritière de la guerre d’Algérie, a toujours besoin de se légitimer en exploitant les sentiments à l’égard de l’ancienne puissance coloniale (…) Le président Boutefkika, avec tout le respect que j’éprouve pour lui, est maintenu en vie artificiellement. Et rien ne changera dans cette période de transition », a-t-il déclaré au journal Le Figaro en évoquant « les relations difficiles » entre l’Algérie et la France.

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